Et si la solution pour améliorer nos voitures électriques existait déjà… depuis plus de 120 ans ? Oui, tu as bien lu. Une invention brillante, imaginée par Ferdinand Porsche en 1900, pourrait bien révolutionner la mobilité électrique. Pourtant, elle a été oubliée. Pourquoi ? Et surtout… est-ce qu’elle pourrait revenir aujourd’hui ?
Un moteur… caché dans les roues ?
Imagine une voiture sans arbre de transmission, sans différentiel, sans grosse mécanique entre le moteur et les roues. Dans certaines voitures électriques, le moteur est gros, placé au centre, et transmet l’énergie jusqu’aux roues. Mais avec les moteurs-moyeux, c’est différent : chaque roue a son propre petit moteur électrique intégré. Directement dans la roue. Pas de détour. Rien qu’une poussée nette et immédiate.
C’est ce que Ferdinand Porsche avait tenté dès 1900 avec sa « Lohner-Porsche ». À l’époque, c’était révolutionnaire : une transmission intégrale avant même que le mot n’existe vraiment! Et en 2024, cette idée est toujours là… mais presque personne ne l’utilise. Étrange, non ?
Des bénéfices qui font rêver
Sur le papier, les moteurs-moyeux ont tout pour plaire. D’abord parce qu’ils suppriment plusieurs pièces entre le moteur et la roue, ce qui veut dire moins de pertes d’énergie. Oui, dans une voiture « classique », une partie de l’électricité se perd en route. Jusqu’à 15% parfois. Là, c’est énergie directe, sans détour. Plus efficace.
Autre super-pouvoir : chaque roue étant indépendante, tu peux gérer très précisément la puissance sur chacune. S’il pleut, si la route glisse ou si tu veux virer comme une voiture de course ? Le système ajuste tout en temps réel. C’est un peu comme avoir quatre cerveaux dans les roues qui réfléchissent chacun à la meilleure façon d’avancer ensemble.
Et ce n’est pas tout : avec plus d’espace libéré sous la voiture, on peut glisser davantage de batteries, ou mieux aménager l’intérieur. En gros, des voitures plus modulables, plus agiles, plus pratiques.
Mais alors, pourquoi personne n’en veut ?
Malgré toutes leurs qualités, les moteurs-moyeux ont un gros défaut : ils alourdissent les roues. Et ce poids en plus, directement sur la roue, c’est très mauvais pour les suspensions. Chaque petit choc fait plus de dégâts. Résultat ? Moins de confort, plus d’usure, et une tenue de route parfois instable.
Autre souci : l’environnement. Ces moteurs sont posés là, au ras du sol, exposés à tout. Eau, sel, poussières, petits cailloux… Ils prennent cher. Et vu qu’ils doivent rester puissants et fiables, ça complique sérieusement la maintenance.
Et puis, ils chauffent. Beaucoup. Comme dans un sèche-cheveux qu’on pousserait à fond. Mais là, faut refroidir tout ça dans un espace minuscule. Du coup, on imagine des ventilateurs ou des jantes spéciales. Pas facile ni pas donné.
Ces marques qui tentent (quand même) l’aventure
Il y a des constructeurs qui y croient. Par exemple, Renault prépare la R5 Turbo 3E, une petite bombe électrique avec deux moteurs dans les roues arrière. Résultat ? Plus de 500 chevaux. Un démonstrateur qui pourrait ouvrir la voie à d’autres modèles plus classiques.
Hyundai, de son côté, développe le projet Uni Wheel. L’idée est de rendre ses voitures plus spacieuses, en utilisant cette technologie pour libérer la place qu’occupent les transmissions. Moins de composants, plus de place à l’intérieur. Malin.
Il y a aussi la société Neapco, avec la startup Elaphe. Leur moteur, le SuperBear, est conçu pour des véhicules utilitaires. Ceux qu’on voit en ville pour les livraisons. Pourquoi eux ? Parce qu’ils roulent lentement, souvent, et peuvent accepter un peu plus de poids. Parfait pour tester sans trop de risques.
Retour vers le futur ?
Alors oui, cette technologie n’est pas encore prête pour toutes les voitures. Trop de défis techniques, trop de risques industriels. D’ailleurs, un projet comme celui du pick-up Lordstown Endurance, basé sur quatre moteurs-moyeux, s’est planté en beauté. Parce qu’avoir une bonne idée, c’est bien… mais il faut surtout savoir la fabriquer à grande échelle, sans bugs.
Mais avec l’expérience de constructeurs comme Renault ou Hyundai, les choses pourraient changer. Et si les voitures de demain étaient drivées par une idée vieille de plus d’un siècle ? Comme quoi, certaines révolutions mettent juste un peu (beaucoup) de temps à démarrer.
Les roues pourraient bien reprendre le pouvoir. Et si c’était enfin leur heure ?




