Stellantis mise gros sur Leapmotor : pari fou… mais en passe de réussir ?

Stellantis a fait un pari audacieux l’an dernier en s’associant à un constructeur chinois encore peu connu en Europe : Leapmotor. Un pari presque fou, certains diront. Mais un an plus tard, une question se pose naturellement : est-ce que ça fonctionne ? La réponse est plus intéressante que vous ne l’imaginez…

Une alliance inattendue, mais pleine de promesses

En investissant 1,5 milliard d’euros pour acquérir 20 % de Leapmotor, Stellantis ne visait pas seulement un partenariat classique. Non. Ils ont carrément lancé une coentreprise internationalement dédiée à sortir Leapmotor de sa Chine natale. Le plan ? Bénéficier de la puissance de distribution de Stellantis en Europe pour donner un sacré coup d’accélérateur à cette jeune marque chinoise.

Et depuis, ça bouge vite. Très vite même. En un an, Leapmotor est passée d’une présence quasi invisible à un réseau de plus de 120 points de vente en France. Dans les coulisses, Raphaëlle Holderith, chargée du développement français, ne cache pas la charge de travail : deux modèles lancés, des équipes à mobiliser, des showrooms à organiser… et une ambition clairement électrique.

Des résultats encourageants malgré tout

Bon, soyons honnêtes : les chiffres restent modestes. Environ 1 500 véhicules immatriculés au premier semestre 2024, c’est loin d’être massif. Mais c’est déjà plus que Mitsubishi, Smart ou Abarth. Et c’est dans la même ligue que Xpeng, un autre géant chinois qui tente sa percée en Europe.

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Le point fort ? C’est clairement la Leapmotor T03, une petite citadine électrique pas chère, agile en ville et à l’équipement généreux. Elle représente plus de 80 % des ventes. Pas étonnant quand on sait qu’elle démarre à moins de 17 000 €. Un prix imbattable pour un véhicule électrique neuf, surtout face à des voitures comme la Dacia Spring.

Des clients très variés

Qui achète ces voitures ? C’est là que ça devient intéressant. Contrairement aux prévisions initiales, la clientèle de Leapmotor n’est pas seulement composée de jeunes urbains branchés tech. Non, en réalité, on y trouve aussi bien des étudiants que des seniors de 80 ans !

Pas mal de conducteurs « orphelins » du segment A, laissé à l’abandon par la plupart des constructeurs, se tournent maintenant vers Leapmotor. Et puis il y a aussi les déçus ou les lassés de la Spring. Bref, une clientèle hétéroclite, mais visiblement convaincue.

Le C10 REEV entre en scène… discrètement

Si la T03 cartonne, le Leapmotor C10, lui, a un peu plus de mal. Trop gros pour certains, pas assez rapide à la recharge pour d’autres, ce SUV D commence pourtant à faire parler de lui dans sa version REEV — comprenez hybride à autonomie prolongée. En gros, une électrique avec un petit moteur thermique pour ne jamais tomber en panne. Une techno maline, qui rassure et qui attire surtout… les entreprises !

Et là encore, les signes sont positifs : les premiers retours clients montrent un intérêt croissant. Oui, les débuts ont été compliqués, entre bugs logiciels et réglages hasardeux. Mais Leapmotor a réagi vite. Désormais, les mises à jour sont régulières et l’autonomie étendue plaît beaucoup.

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Un réseau qui s’étend à grande vitesse

Quand on veut percer en Europe, il faut taper fort et couvrir le terrain. Et Stellantis le sait. En moins d’un an, Leapmotor est passée de 68 à 125 points de vente en France. Objectif : un showroom dans chaque département. Pas mal, non ?

Mais attention : les volumes par point de vente restent faibles. Un peu plus de dix véhicules immatriculés par site sur six mois, ce n’est pas encore suffisant pour assurer la rentabilité du réseau. Encore un peu de chemin à faire, donc.

L’Europe, mais sans la Pologne

Initialement, Stellantis comptait assembler la T03 partiellement en Pologne, pour bénéficier du bonus écologique. Mais surprise : malgré les efforts, le gouvernement français n’a pas donné son feu vert. Résultat ? Toc, toc, envolée la Pologne. Aujourd’hui, les T03 sont livrées directement depuis la Chine.

Mais une production européenne reste dans les cartons. On murmure d’ailleurs que le Leapmotor B10 pourrait être assemblé en Espagne dès 2026… Un modèle clairement attendu pour densifier la gamme.

Le B10 et la suite de l’aventure

Ce fameux B10, c’est un SUV aux dimensions proches du Peugeot 3008 ou du Renault Scénic. Son autonomie annoncée pourrait aller jusqu’à 600 km… mais sur le cycle chinois très optimiste. Plus raisonnablement, tablez sur 400 km en usage réaliste, ce qui reste dans la moyenne européenne actuelle. Sa version hybride est aussi dans les tuyaux, mais il faudra patienter jusqu’en 2026 pour la voir débarquer.

Et après ? Leapmotor prévoit aussi une compacte (B05), puis un petit SUV urbain. Bref, un vrai plan produit sur plusieurs années. Ambitieux. Structuré.

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Une marque qui monte aussi en Chine

Attention, Leapmotor n’est pas seulement un OVNI européen. En Chine aussi, la marque prend de l’élan. Avec près de 300 000 véhicules fabriqués l’an passé, sa production a doublé. Et surtout, elle a commencé à gagner la confiance des investisseurs. Son action a triplé en valeur en un an, preuve que le marché croit en sa vision.

Alors, pari réussi ?

Honnêtement, il est encore trop tôt pour crier victoire. Mais les voyants sont au vert. Leapmotor, avec l’appui de Stellantis, a posé des bases solides en France. Et si la tendance se poursuit, cette alliance pourrait bien devenir un modèle du genre.

Tu devrais garder un œil sur ces voitures. Surtout si tu cherches une alternative fraîche, bien équipée et abordable à l’électrique classique.

Parce qu’au fond, Stellantis n’a peut-être pas fait un pari fou… mais un pari visionnaire.

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Sylvain
Sylvain