Changement de direction chez Renault : ça bouge fort, très fort. François Provost entre en scène et il n’a pas une minute à perdre. Trois dossiers brûlants l’attendent sur son bureau. Trois défis capables de tout faire basculer – vers un bel avenir ou vers une sérieuse déconvenue. Voyons ensemble ce qui se joue en coulisses.
1. L’électrique : une course contre la montre
Le Losange doit vite combler son retard technologique en matière de voitures électriques. C’est simple : tout le monde fonce, et Renault doit suivre le rythme. Même devancer, si possible.
Les petits modèles urbains sont là : Twingo, R5, bientôt R4. Ce premier pas est fait. Mais ce qu’il manque encore, ce sont les modèles familiaux électriques capables de rivaliser avec les Tesla, Kia EV6 ou Hyundai Ioniq 5. Renault planche donc sur une nouvelle plateforme 800 volts pour améliorer performance et autonomie.
François Provost devra suivre ça de très près. Pas le droit à l’erreur. On se souvient de certains faux départs sur le plan technique chez Renault. Pas question de recommencer. Cette fois, la fiabilité doit être au rendez-vous, coûte que coûte.
2. Mobilize : une marque qui cherche encore sa place
Mobilize… hum, ça vous dit quelque chose ? Pas vraiment ? C’est bien là le problème.
Lancée à grand renfort de buzz et d’ambitions sous Luca de Meo, cette division regroupe des microvéhicules comme le Duo, de la recharge, des services financiers… Bref, un joyeux mélange. Trop joyeux peut-être. Résultat, c’est flou. Et flou, ça vend mal.
Le nouveau patron va devoir se poser une question simple : faut-il continuer ? Ou faire le tri et recentrer les efforts sur des marques connues et reconnues, comme Renault ou Dacia ? Quand on voit le succès de la Citroën Ami face au timide démarrage du Duo, il y a matière à réflexion.
3. Partenariats à double tranchant
Renault est petit face aux géants mondiaux. Pour rester compétitif, le groupe a multiplié les alliances stratégiques : avec Geely, avec Volvo, avec CMA CGM, entre autres.
Bonne idée en théorie, mais complexe à gérer dans la réalité. Chaque partenaire apporte sa culture, ses objectifs, son tempo. Et parfois, ça coince. La fin mouvementée de l’alliance avec Nissan en est la preuve vivante.
François Provost, ancien patron des partenariats justement, va devoir éviter que ces engagements ne deviennent des boulets. Equilibre délicat à trouver. Et il doit aussi gérer les derniers épisodes du divorce avec Nissan. Une affaire sensible à ne pas négliger.
Dacia : rester simple, mais pas simpliste
Dacia change. Moins low-cost, plus stylée. Les clients veulent du confort, même à prix serré. Alors la marque monte en gamme. Bien. Mais jusqu’où ? Le Bigster hybride, par exemple, n’est pas forcément moins cher qu’un MG équivalent.
Fin 2024, un nouveau plan stratégique doit être présenté. Provost pourra-t-il remettre Dacia sur un cap clair et simple : offrir l’essentiel, au bon prix ? Garder l’identité sans tomber dans l’oubli, c’est tout l’enjeu.
Alpine et l’électrique : un virage risqué
Alpine devait devenir un fleuron électrique européen, avec pas moins de 7 modèles d’ici 2030. Mais entre les lenteurs du marché des véhicules sportifs électriques et les secousses géopolitiques, ce pari devient plus incertain.
Un repositionnement semble inévitable. François Provost devra trancher : continuer à fond dans l’électrique ou lever un peu le pied ? Des projets pourraient être repoussés, voire arrêtés. Pas facile de rester agile sans renier ses ambitions.
Renault doit rester cool (vraiment)
Ces derniers temps, le public recommençait à aimer Renault. Grâce à Luca de Meo, son charisme, sa vision, ses idées fun comme le retour de la R5 ou la R5 Turbo 3E. Renault redevenait « désirable ».
Mais voilà, de Meo est parti. Et son remplaçant, plus discret, devra prouver qu’on peut rester dans la lumière sans forcément faire des étincelles.
Pour garder cette « hype » autour de Renault, il faudra du style, de la créativité, et un souffle nouveau. La première tâche symbolique de François Provost ? Choisir le nouveau designer en chef. Un détail ? Pas du tout. Le style, c’est l’âme d’une voiture. C’est ce qui accroche le client dès le premier regard.
Un nouveau départ… sous pression
François Provost prend les rênes d’une entreprise qui va mieux, mais dont l’équilibre reste fragile. Un faux pas, et tout peut vaciller. Ces trois urgences – l’électrique, la stratégie de marque, et la gestion des partenariats – vont définir la suite de l’histoire.
Aura-t-il l’audace tranquille qu’il faut pour piloter Renault dans cette tempête ? L’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : le compte à rebours, lui, a déjà commencé.




