Toyota défie la révolution verte : pourquoi elle refuse l’électrique (et ce que ça cache)

Alors que presque tous les constructeurs foncent vers l’électrique, Toyota fait un choix surprenant. Il ralentit. Pourquoi un géant de l’automobile refuserait-il d’embrasser totalement la révolution verte ? Et surtout… qu’est-ce que ça cache vraiment ? On t’explique tout.

Des ventes électriques qui patinent

On pourrait croire que Toyota, avec ses moyens et son expérience, serait déjà un leader de l’électrique. Mais en 2024, sur plus de 10 millions de voitures vendues, seules 1,4 % étaient 100 % électriques. Une goutte d’eau.

Même Lexus, sa marque premium, peine à séduire avec son SUV électrique RZ. Les ventes ont chuté de 30 % ! Clairement, ça ne décolle pas. Et quand ça ne marche pas, Toyota préfère retourner à ce qu’il maîtrise le mieux : les moteurs thermiques et les SUV.

Retour aux SUV thermiques : stratégie ou recul ?

Face à ces ventes décevantes, Toyota revoit sa copie. Plutôt que d’insister coûte que coûte sur l’électrique, la marque mise sur ce qui cartonne dans les concessions : ses gros SUV à essence. Le Grand Highlander, par exemple, se vend comme des petits pains, surtout aux États-Unis.

Plus de 65 000 unités écoulées en six mois, avec une croissance de 20 %, c’est énorme. Résultat : Toyota libère une usine dédiée à l’électrique pour produire plus de ce SUV thermique géant. Rentable et rassurant, certes. Mais loin des discours écologiques attendus en 2025.

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L’électrique, toujours dans le viseur (mais à son rythme)

Toyota n’a pas totalement tourné le dos à l’électrique. En réalité, il prend son temps. Un peu comme quelqu’un qui regarde d’abord si l’eau est froide avant de plonger.

D’ici deux ans, le constructeur prévoit cinq nouveaux modèles électriques en Europe. Parmi eux :

  • Une version améliorée du bZ4X, avec plus d’autonomie et un port compatible avec les bornes Tesla Supercharger
  • Un SUV compact 100 % électrique, le C-HR électrique, plus accessible
  • Le bZ Woodland, un modèle taillé pour l’aventure, pensé pour les terrains plus difficiles

C’est un démarrage lent mais structuré. Toyota mise sur une montée en puissance prudente. Et peut-être mieux maîtrisée que celles des marques qui se sont lancées tête baissée dès 2020.

L’hybride comme compromis (et comme bouclier)

Ce qui rend Toyota vraiment différent, c’est son engagement sur les voitures hybrides. Plutôt que d’opposer thermique et électrique, Toyota fait cohabiter les deux technologies.

C’est moins sexy qu’un tout-électrique, peut-être. Mais c’est efficace. Toyota est l’un des seuls constructeurs à vendre autant d’hybrides. Et dans des pays comme les États-Unis, où les SUV et les longs trajets sont la norme, ça reste très populaire.

En misant sur l’hybride, la marque garde un pied dans l’électrification… sans se brûler les ailes. Et mine de rien, ça marche. Pour le moment.

Un pari risqué face à une concurrence électrique féroce

Mais est-ce que ça suffira ? Des marques comme Tesla, Ford et GM accélèrent à fond. Elles investissent, innovent et conquièrent chaque mois un peu plus de parts de marché électrique.

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Si Toyota tarde trop, le train pourrait partir sans lui. C’est là tout le paradoxe : jouer la sécurité dès maintenant… ou prendre des risques pour briller demain. La réponse ne sera claire que dans quelques années.

En attendant, une chose est sûre : le choix de Toyota ne laisse personne indifférent. Prudence stratégique ou peur de l’échec ? Ce que ça cache, c’est peut-être le doute d’un géant qui cherche encore le bon chemin vers la transition écologique.

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Sylvain
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