On parlait de “voiture du futur”, de zéro émission, d’autonomie longue distance… L’hydrogène avait tout pour faire rêver. Mais voilà qu’en 2025, ce rêve semble tourner court. Les chiffres sont tombés, les désillusions s’accumulent, et même les constructeurs les plus convaincus lèvent le pied. Alors, que s’est-il passé ? Pourquoi l’hydrogène, si prometteur, semble-t-il perdre pied ?
Des ventes mondiales en chute libre
Le premier coup dur vient des chiffres de vente. Sur les six premiers mois de 2025, seulement 4 102 voitures à hydrogène ont été vendues dans le monde. C’est 27% de moins que l’année précédente. Pour te donner une idée, c’est à peu près le nombre de voitures électriques vendues… en une semaine, juste en France. Ouch.
Et la tendance est mondiale. Même en Chine, pourtant grand défenseur de cette technologie, on a du mal à écouler les modèles. Le marché y recule de 18%. C’est comme si tous les espoirs s’évaporaient, un à un. Pas très prometteur pour une technologie censée sauver la planète.
Les constructeurs n’y croient plus vraiment
Hyundai reste en tête des ventes avec son Nexo, mais ça ne veut plus dire grand-chose. En 2025, ils en ont vendu à peine 1 252. C’est une baisse de près de 32% par rapport à l’année dernière. Et pourtant, ils ont lancé une nouvelle version au printemps, pensant relancer l’intérêt… Échec.
Chez Toyota, la situation est pire. 698 voitures seulement, une chute de 46%. La Mirai, leur modèle phare, passe quasi inaperçue. Même les ingénieurs commencent à douter de la viabilité à long terme. Quand même Toyota, pionnier historique de l’hydrogène, commence à lever le pied… ça en dit long.
L’Europe n’a jamais été vraiment convaincue
De ce côté de l’Atlantique, l’hydrogène a toujours eu du mal à séduire. En 2025, le marché se réduit encore avec à peine 485 véhicules immatriculés sur tout le continent. Pas étonnant alors que certaines entreprises changent de cap. À Paris, la société Hype, qui exploitait une flotte de taxis à hydrogène, a finalement abandonné pour le 100% électrique.
BMW, de son côté, tente encore un coup avec son iX5 Hydrogen. Mais sans infrastructure de recharge bien développée, même les plus beaux modèles ont du mal. Le réseau reste insuffisant, surtout pour des clients particuliers. Et l’intérêt du grand public ne suit pas.
Des obstacles techniques toujours aussi lourds
Il ne suffit pas d’avoir une belle idée. Encore faut-il qu’elle tienne la route techniquement et écologiquement. Et là, l’hydrogène coche trop de cases… négatives. Déjà, produire de l’hydrogène “vert” coûte cher. Vraiment cher.
Pour un kilo d’hydrogène, il faut environ 50 kWh d’électricité. Ça permet de faire 100 km en voiture à hydrogène. Mais avec la même énergie, tu peux faire environ 200 km en voiture électrique à batterie. Pas très rentable, non ?
Et ce n’est pas que le coût…
- Les stations pour faire le plein sont presque inexistantes
- Les voitures coûtent plus de 70 000 €, bien trop cher pour la majorité
- L’autonomie souvent annoncée ne convainc plus vraiment
- Et en cas de fuite, l’hydrogène peut même contribuer indirectement au réchauffement
Cela avait déjà provoqué une pétition d’un collectif de scientifiques pendant les JO de Paris. Ils contestaient l’image “écolo” trop flatteuse qu’on colle à tort à l’hydrogène.
Vers un recentrage sur le lourd et le maritime
Face à tous ces freins, même les constructeurs commencent à revoir leur copie. L’idée, maintenant, ce n’est plus d’imaginer une voiture à hydrogène dans chaque garage. C’est plutôt d’utiliser cette techno là où elle fait vraiment sens : les camions longue distance, les bâteaux, ou peut-être certains avions dans le futur.
Pour tout ce qui est voiture de tous les jours, trajet domicile-travail ou week-ends en famille… l’industrie parie aujourd’hui presque exclusivement sur la voiture électrique à batterie. Moins chère, plus simple à utiliser, bien mieux soutenue par les infrastructures… l’électrique a clairement pris l’avantage.
Alors, fin du rêve ou simple pause ?
Franchement, quand on voit les chiffres et les décisions des grands constructeurs, on se dit que l’hydrogène pour les voitures destinées au grand public, c’est probablement la fin du match. Peut-être pas encore le coup de sifflet final… mais le score est très clair.
Ce n’était pas un mauvais rêve. C’était une belle idée. Mais une idée qui, pour l’instant, semble mieux fonctionner sur le papier que sur la route. À suivre… mais avec un peu moins d’illusions.




